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un grain de sable pour secouer la poussière...

Bouamatou doit être vert : voilà qu’Aziz met Macron dans sa poche…

Lundi 3 Juillet 2017 - 01:30

Cela s’est joué à très peu. A temps, Aziz a senti que le vent commençait à tourner en France pour Macron. Si la droite était passée, Bouamatou aurait pu espérer en profiter contre son ancien poulain ; celui pour lequel il avait mis à contribution ses réseaux françafricains de droite jusqu’à Paris. Depuis la victoire de Macron, il faut croire que Bouamatou a compris qu’il faudra attendre encore et peut-être longtemps vu l’état de la droite et il n’est pas dit que le jour où elle reviendra à l’Elysée, les amis soient encore en exercice dans les couloirs…
 
De là qu’on a vu la fondation de Bouamatou tomber dans les bras de Birame avec pour maître de cérémonie, un autre ami de la fondation, le père Louis Michel flanqué à Bruxelles des avocats de ladite fondation pour accuser la France de soutenir le régime azizien jusque dans l’atteinte aux droits de l’homme en refusant le visa à certains activistes de l’IRA qui ont dû passer par Dakar et se perdre en chemin. La conférence de presse a eu lieu sans eux.
 
 
Vu de Nouakchott, on a du mal à croire que la France soit si proche du pouvoir azizien vu le sort qui est réservé médiatiquement par les amis du pouvoir à l’histoire coloniale et à l’usage de la langue française. La presse, pour ce qu’elle vaut, a parlé de militaires français à Atar remerciés par un Aziz qui n’a pas manqué une occasion de dire que la Mauritanie n’a rien à voir avec Barkhane. Il faut dire que c’était avant que le vent ne tourne à Paris contre la droite…
 
L’ambassadeur de France, quant à lui, a toujours dit que les relations étaient correctes et il n’a jamais répondu à toutes les provocations et petites humiliations au cœur de la tempête anti-français.
 
Cela dit il faut reconnaître à Bouamatou qu’il a su de l’étranger mettre à son service des communicants d’une autre dimension que ceux d’Aziz. Même les opposants en exil qui ne font plus mystère des liens entre eux audio et vidéo, liens qui ont en commun de ne pas pouvoir exister en vivant de haine et d’eau fraîche, même ces opposants sont des gens redoutables dans leur domaine respectif faisant feu de tout bois quand Aziz a passé son temps à placer ici et là des gens pour faire plaisir à des clans sans se soucier une seconde du retour sur image en matière de performance.
 
Aussi, on attendait avec impatience de voir ce qui allait se passer avec Macron. 
 
D’abord Macron : personnellement, je l’aime bien car il est sans casseroles et semble porté par une bonne étoile sinon on se demande comment il en serait arrivé là si vite avec autant d’aplomb. On espère qu’il sortira la France et les français de la dépression et du pessimisme. Cela dit, à Bamako est arrivé ce que l’on craignait chaque fois que des jeunes ou des gens inexpérimentés ont les pleins pouvoirs dans des situations de crises internationales militarisées.
 
Hollande a eu le même le problème, les mêmes causes produisant les mêmes effets.  On devrait interdire à quiconque de devenir président sans passer longtemps au ministère de l’intérieur ou au moins par l'expérience de premier ministre car c’est là une étape indispensable pour se frotter au cœur de l’appareil sécuritaire, savoir ce qui s'y passe, comprendre quelque chose aux différents « courants » qui y circulent, avoir le temps de placer ses hommes pour y voir clair ensuite sinon on finit par se faire balader par les va-t-en-guerre.
 
Ce manque d’expérience se traduit presque toujours par une envie de planter l’ergot en chef de guerre. C’est arrivé à Hollande notamment avec la Syrie avant que les USA ne fassent machine arrière le laissant planté là sans les armes de sa fougue guerrière.  On connaît la suite : 4 rafales qui vont pour l'honneur larguer quelques bombes ; tout cela reste anecdotique face à la puissance des forces en présence.
 
On attendait donc de Macron un ton plus mesuré surtout au milieu de vieux renards africains et surtout de tous les services sécuritaires français car les militaires en général sont toujours partant pour la guerre surtout quand ils peuvent avoir l’avantage sur le terrain. Aucun général n’aimerait faire une carrière sans avoir eu son coup de feu… 
 
Hélas, Macron a parlé comme on parle aux français pour les rassurer à des milliers de kilomètres de là. Il a dit que les djihadistes ne sont rien oubliant qu'ils sèment pourtant la terreur sur la planète loin de leurs bases précaires et sur le terrain, il faut une coalition d’armées pour les disperser car rien ne dit qu’ils seront vaincus de si tôt…
 
C’est donc parti dans le sahel pour un armement des indigènes sachant que tôt ou tard la France devra partir...
 
Quant à Aziz face à Macron : il semble lui avoir administré son regard de miel, la main sur le cœur avec la même réussite car personne ne résiste à Aziz.  Aziz est adoré de tous les dirigeants qui l’approchent. Ce qui frappe chez lui, c’est l’aplomb même devant un Obama lors du sommet USA-Afrique. Aziz le regardait d’égal à égal car si Obama dirigeait une puissance supérieure à la Mauritanie, Aziz sait que chez lui il a plus de pouvoir et certainement plus d’argent.
 
La seule fois où on a pu voir Aziz en mode courtisan en étant chef d’état c’était devant Kadhafi quand il est venu en Mauritanie ou face au roi d’Arabie Saoudite. A part eux, jamais vous ne le verrez autrement que l’assurance autoritaire tranquille, imposant le respect.
 
 

Bouamatou doit être vert : voilà qu’Aziz met Macron dans sa poche…
Ça s’est confirmé à Bamako sur cette photo qui a excité la presse arabisante mauritanienne. Certains y ont vu un manque de délicatesse en matière de protocole soi-disant qu’Aziz n’avait pas eu droit à un parapluie, ce qui l’aurait obligé à squatter celui de Macron.  Ces arabisants n’ont pas pris le temps de voir que juste derrière Aziz, un homme noir, peut-être un garde du corps, tenait un parapluie manifestement pour Aziz.
 
D’autres, plus spirituels, ont estimé que cette photo était parlante car elle montre un Aziz sous le parapluie français... C’est très amusant mais là encore ils n’ont pas vu l’essentiel, un geste qui prouve que c’est bien l’inverse. Aziz a mis Macron en mode domestique…
 
 

Bouamatou doit être vert : voilà qu’Aziz met Macron dans sa poche…
Voyez la main gauche d’Aziz : elle est dans sa poche, il marche peinard avec un Macron qui lui tient le parapluie. Si Macron était africain, il n’aurait pas accepté tant qu’Aziz avait la main sa poche. C’est là encore la preuve que Macron est jeune, c’est touchant mais il apprend vite car il a une équipe de communication à qui rien n’échappe. Nous verrons bien ce que l’avenir lui réserve soit la chute d’un oiseau en plein vol soit au contraire quelque chose de constructif en marche. Nous verrons bien car 3/5 des français n’ont pas voté ou ont voté blanc. Dès la rentrée, les premières ordonnances, les premières grèves : tout sera clair au pays de l’eau de vie qui dort…

VLANE

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