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Birame Dah Abeid : «cette condamnation d’esclavagistes à Nouadhibou est le fruit de plusieurs facteurs internes et externes »

Dimanche 15 Avril 2018 - 19:50

Les dernières condamnations prononcées à Nouadhibou contre trois individus dont une femme pour crimes esclavagistes et qui ont abouti à des peines de dix à vingt ans, ont été unanimement saluées aussi bien en Mauritanie qu’à l’étranger. Birame Dah Abeid, président de l’initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) donne sa propre lecture.


«Cette subite condamnation contre des criminels d’esclavage à Nouadhibou fait partie des victoires remportées par les tenants de l’application de la loi, une position intrinsèque d’IRA Mauritanie qui s’est toujours battu, sans concession, pour l’application totale de la loi incriminant l’esclavage. Je pense que cette victoire peut s’expliquer en termes d’hésitations, de tergiversations, de contradictions et de perdition du pouvoir qui a posé un acte diamétralement opposé à sa position officielle. Même dans les discours du Chef de l’Etat qui ont toujours été des discours de déni du fait esclavagiste en Mauritanie. Ce qui dévoile un manque de vision et de crédibilité du pouvoir » a-t-il déclaré.

Pour Birame Dah Abeid, il faut mettre les récentes condamnation d’esclavagiste à Nouadhiboudans un contexte national et international où les pressions sur le pouvoir mauritanien étaient si énormes qu’il fallait un coup d’éclat capable de lui ouvrir une petite fenêtre de sortie, même temporairement. Il a cité dans ce cadre, les différentes condamnation dont la Mauritanie fait l’objet ces dernières années, partant de celles prononcées par l’ONU et ses différents rapporteurs, mais aussi celles découlant de la 34ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique-Union Européenne (ACP-UE), qui s’est déroulée du 18 au 20 décembre 2017 à Port-au-Prince (Haïti), sans compter les récents rapports d’ONG internationales des droits de l’homme comme Human Rights Watch et Amnesty Internationalqui ont sévèrement épinglés la Mauritanie pour ses multiples violations des droits de l’homme, notamment les poursuites incessantes contre les défenseurs des droits de l’homme et la persistance de l’esclavage ainsi que l’impunité qui entoure les auteurs de ces crimes

Il a salué dans ce cadre les efforts menés par SOS Esclave, notamment dans cette dernière affaire.  Pour Birame Dah Abeid «cette conscience retrouvée des autorités et des juges mauritaniens est feinte, car il y a l’organisation imminente d’une session de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples qui doit se tenir du 22 au 30 avril 2018 à Nouakchott ». Pour lui, le pouvoir mauritanien a tout fait pour accueillir cette session dans le but de l’instrumentaliser dans le cadre de sa politique de déni, de diversion et de saupoudrage, du fait esclavagiste et de la discrimination. «L’Etat mauritanien compte même fêter Mandela ici mais pour cela il faut d’abord éradiquer l’esclavage et le racisme» a-t-il affirmé.

Selon lui, toutes ces tentatives sont vouées à l’échec. «Comme je l’ai déjà dit depuis plusieurs années, IRA est là, plus forte et plus déterminée que jamais, pour déjouer toutes les manœuvres du pouvoir mauritanien et de sa féodalité qui ont toujours bâti depuis des siècles, leur mode de domination sur l’esclavage. Je leur dis qu’ils doivent tout simplement mettre fin à ces pratiques. Il n’y a pas d’autre issue » a-t-il conclu.

Cheikh Aïdara

source courrierdunord.com

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