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un grain de sable pour secouer la poussière...

Aziz et le parti de la fuite en avant, un retour perdant

Lundi 10 Mai 2021 - 00:13

L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz n’en finit pas de défrayer la chronique. Empêtré jusqu’au cou dans ce que la presse nationale qualifie souvent de «scandale de la décennie» (2009-2019), portant sur la dilapidation de centaines de milliards d’ouguiyas révélés par les investigations, sur un an, de la Commission d’enquête parlementaire (CEP), l’ancien président qui a pris son silence pour unique défense vient de franchir le Rubicon en s’engageant, à nouveau dans la politique par le biais du Ribat.


Une obscure formation politique créée par Saad Louleid, un ancien «dissident» de l’Initiative pour la Résurgence d’un mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) de Biram Dah Abeid. Un retour perdant à la politique de l’ancien président Aziz, comme le fut la tentative d’OPA sur l’Union pour la République (UPR), en novembre 2019, alors que Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, n’avait pas encore fini de mettre en place les équipes censées s’occuper de l’exécution de son programme électoral « Taahoudati » (Mes engagements) !

Bon nombre d’observateurs pensent que la manœuvre est une action de diversion dont l’objectif inavoué – mais clair parce que cousu de fils blancs – est de détourner les regards de ce qui est, réellement, la préoccupation de tous les Mauritaniens : la tenue d’un procès qui marquera l’histoire de la Mauritanie comme la fin de l’impunité.

 

A Nouakchott, nombreux sont ceux qui pensent que le processus engagé est irréversible et que ce ne sont pas les menaces d’un retour perdant, au nom de la préservation de chimériques «acquis», alors que le peuple réclame plutôt à la justice de rendre gorge à ceux qui l’ont floué, qui empêcheront la roue de l’histoire de tourner. Car, «contrairement à ce que le camp de l’ancien président cherche à faire accepter par l’opinion publique nationale et internationale, le problème du citoyen Mohamed Ould Abdel Aziz  est avec la justice de son pays», avance un cadre de l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir en Mauritanie.

Et ce cadre de poursuivre : «L’affaire n’a rien de politique, comme l’insinuent certains des partisans de l’ancien président qui, en mal d’arguments, ne s’empêchent pas d’explorer maintes issues qui s’avèrent, à la fin, des culs-de-sac.» Comme cette histoire d’immunité (absolue !) supposée être conférée par un article 93 tourné – et retourné – dans tous les sens. Ou encore cette menace de porter «l’affaire» devant les juridictions internationales brandie par les avocats français de l’ex-président !

Malgré les ratés de la mise en œuvre du programme «Taahoudati» récemment reconnus par le Premier ministre Mohamed Ould Bilal  lors des visites effectuées dans les départements ministériels, il est évident que le pouvoir du président Ghazouani, qui fait preuve d’un calme olympien, peut encore compter sur le soutien d’une majorité soudée conduite par l’UPR.

 

La tentative de déplacer le débat judiciaire vers le champ de la politique politicienne menée par Aziz, lors de sa dernière sortie médiatique officialisant son retour en politique par le biais du parti «Ribat» a été un véritable fiasco, l’ancien président se refusant toujours à révéler les origines de son immense fortune dont une infime partie (29 milliards d’ouguiyas) vient d’être saisie.

 

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