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un grain de sable pour secouer la poussière...

Tout le monde ne boit pas à sa soif

Lundi 19 Avril 2021 - 13:03

On est en 2021... Et pourtant dans la capitale de la Mauritanie, l’eau, ce nerf indispensable et précieux à la vie, reste une denrée rare.
A Toujounine, Mellah, Rabie wa Ichriin, Basra, Couva, Arafat, Lingaat..., le flux ne coule plus. La source a tari. Le petit peuple a soif. En ces jours de Ramadan où la chaleur et les vents de poussière couvent les journées, il faut rationnaliser les réserves d’eau, surtout aux heures de coupure du jeun.

A la SNDE, on continue de se réfugier derrière le fallacieux prétexte de « problèmes techniques » pour explique le dysfonctionnement du système d’approvisionnement en eau de la capitale.
Si de rares foyers parviennent à se procurer de l’eau de temps en temps le soir venu, d’autres sont restés plusieurs semaines sans voir le robinet couler.. Partout, les populations sont à la merci des charretiers font dorénavant la loi avec le prix du baril d’eau largement revu à la hausse.

Au même moment, dans les quartiers chics, l’image est toute autre. Personne n’est dérangé pour aller chercher de l’eau hors de son domicile. Le robinet coule à flot. Les suppresseurs tournent à plein régime. Les jardins sont toujours verts et bien arrosés. Les voitures sont lavées avec la forte pression des robinets. Les piscines sont pleines pour le bonheur des enfants gâtés et des épouses désœuvrées. C’est, là aussi, le contraste mauritanien dans toute son expression la plus frappante. Une partie du peuple qui se sert à gogo et une autre, la plus grande, privée et obligée de frimer pour colmater les brèches. Tout ceci passe… Seulement, quand il s’agit d’eau, ça devient une question de vie et de mort. Et la situation risque bien de déraper.

Déjà, partout, c’est la grogne. Un mécontentement populaire qui risque de conduire vers l’impasse. Le week-end dernier, des mouvements de contestation des populations ont été signalés au sud de la Moughataa d’Arafat, vite étouffés par l’administration publique qui a déployé à l’occasion d’immenses moyens en mettant gracieusement des citernes d’eau à la disposition des populations.

Même état de fait à Rabie wa Ichriin avec une marche populaire et un sit-in devant la préfecture. Les manifestants ont revendiqué leur droit à l’accès à l’eau. Ils ont profité de l’occasion pour crier leur désarroi face à la montée des prix des produits alimentaires.
Comment peut-on expliquer à ces manifestants que dans les quartiers chics du Nord de la capitale l’eau coule à flots alors que dans ceux du sud, il n’y a point d’eau ? Comment peut-on amener les populations à ne pas voir qu’une partie du peuple est bien servie et que l’autre est bannie, privée, assoiffée pour des raisons… « techniques » ?

Ce faisant, en ces temps qui courent où la pandémie du coronavirus ne cesse de plomber le pays, le peuple souffre de tout : des pénuries d’eau certes, mais aussi de la hausse incontrôlable des prix des produits alimentaires, de l’insécurité ambiante, des mauvais services du service public, de l’inégalité des chances devant le service public, du double poids et double mesure dans le traitement des citoyens devant l’administration, de la dégradation de l’éducation, du mauvais service sanitaire… Il souffre aussi de voir ses rêves brisés et ses espoirs de changement dans le mode de gestion de ses deniers trahis.

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