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un grain de sable pour secouer la poussière...

Serment sacré d'Aziz face à la cour des avocats du diable...

Mardi 26 Avril 2016 - 12:45

Selon toute justice digne de ce nom dans une démocratie, tout le monde a droit à un avocat même Ould Mkheitir, condamné à mort pour apostasie,  a eu droit à un avocat commis d’office après la fuite de l’ordre national des avocats dont le président à l’époque fut maître Bouhoubény aux abonnés absents pour finir ensuite homme politique décidé à être un leader pour plus de justice en Mauritanie face aux bilans des héritiers successifs de la couronne militaire.

 

Si Ould Mkheitir a eu droit à un avocat pour une affaire ayant trait à l’apostasie face à toute la république ou presque, engagée contre lui ou silencieuse dans la terreur de s’exprimer, alors la constitution mauritanienne a droit aussi au même élan islamique car le chef de l’état a juré au nom d’Allah de respecter la constitution en matière de mandats présidentiels.

 

Qui peut ouvrir le débat  à l’assemblée nationale en se disant pour la révision de la constitution c’est-à-dire pour inviter le chef de l’état au parjure ? Qui peut argumenter à ce sujet sinon les avocats du diable car Ibliss seul peut inspirer à un musulman patenté d’émettre le souhait que le chef de l’état trahisse son serment fait la main sur le coran au nom d’Allah l’unique.

 

Depuis la sortie de plusieurs ministres soutenus officiellement par le porte-parole du gouvernement, on s’étonne que les islamistes, tous oulémas confondus n’aient pas bondi comme un seul homme pour inviter ces ministres à se repentir en récitant sur-le-champ tout le nécessaire disponible dans le coran pour amoindrir les assauts d’Ibliss le mâlin.

 

C’est très grave à moins d’estimer que les considérations politiques permettent de jurer au nom d’Allah et ensuite laisser faire ses ministres et le porte-parole du gouvernement dans leur élan diabolique en l’état de la constitution verrouillée par un serment fait au nom d’Allah.

 

En tant que citoyen de la république islamique de Mauritanie, qui a condamné à mort Ould Mkheitir pour apostasie contre l’avis de certains oulémas, je réclame l’avis des oulémas à propos de cette sortie des ministres, cautionnée par le porte-parole du gouvernement : ont-ils oui ou non émis des propos selon lesquels on devrait permettre au chef de l’état d’avoir plus de deux mandats c’est-à-dire qu’il trahisse son serment fait au nom l’Allah l’unique de se garder de soutenir ni de près ni de loin une telle initiative ?

 

J’en parlais tout à l’heure avec un ami qui a cru m’apprendre ce que le Coran prévoit en matière de serment violé. Il m’a dit en souriant «  qu’il suffit de nourrir dix pauvres ». Selon cette vision frivole de la lecture du coran, face au caractère sacré des serments, on peut donc jurer au nom d’Allah l’unique quand on veut  convertir des électeurs à sa religion politique et ensuite nourrir dix pauvres pour échapper à la colère divine et à celle des esclaves d’Allah ici-bas.

 

Tant que la constitution n’aura pas été changée sous la présidence d’un autre, Aziz est tenu devant Dieu de tenir son serment de ne pas soutenir ni directement ni indirectement toute initiative de ce genre. Il ne saurait permettre à aucun de ses ministres d’oser évoquer la nécessité du parjure or actuellement ni le chef de l’état ni son premier ministre n’ont dit un mot pour s’éloigner du débat créé depuis l’assemblée nationale par leurs ministres et cautionné de surcroît par le porte-parole du gouvernement.

 

Pire ! Pour faire diversion, dans un suprême élan de mépris, le chef de l’état sur proposition de son premier ministre, a remanié partiellement son gouvernement sans toucher même au porte-parole du gouvernement qui a cautionné les propos des deux ministres. Puis le chef de l’état est parti à l’étranger comme d’habitude laissant les civils débattre entre impuissants.

 

Il aurait pu au moins changer de porte-parole du gouvernement qui a parlé au nom du gouvernement quand les autres ministres ont estimé parler en leur nom propre même si cela n’a aucun sens dans un sujet pareil quand on est ministre sinon il faut parler chez soi  en pyjama et non dans le costume de ministre d’Aziz.

 

Tous les amis d’Aziz, les soutiens de ce régime doivent le mettre en garde face à cette méthode qui consiste toujours à mépriser le débat entre les civils. Cette fois il s’agit d’une affaire entre lui et Dieu qu’il a pris à témoin or chaque seconde qu’il passe à l’étranger sans réagir sinon en cautionnant indirectement ses pionniers du parjure, chaque jour le pousse vers la malédiction car il n’a rien fait ni de près ni de loin pour tempérer les propos de ses ministres et surtout du porte-parole du gouvernement.

 

Had mayeu smae ma tve’ou…

 

La constitution peut être changée, c’est le droit du peuple mais Aziz devra ne pas la soutenir et quitter le pouvoir même pour un temps. C’est aux oulémas de lui trouver une issue qui ne ressemble pas à un tour de passe-passe car Dieu suffit comme témoin.

 

Craindre Dieu n’est pas une vulgaire affaire mais c’est quelque chose de formidable quand on est musulman. Jugez vous-même : l’histoire est vraie. Je connais les protagonistes. Il y a quelques années une grande dame pour aider un parent éloigné au chômage, le mit à la tête d’une de ses boutiques. Au bout d’un temps éloquent, il est devenu manifeste que la gestion du parent éloigné était tout sauf musulmane, comme d’autre disent catholique, car la boutique finit au bord de la faillite.

 

Elle lui demanda donc de quitter les lieux afin d’y mettre quelqu’un dont les comptes seraient plus défendables. Non content d’avoir abusé de la confiance de la grande dame, le monsieur, inspiré par ibliss le mâlin que nous avons tous à nos trousses avec plus ou moins de succès, décida d’appeler la police pour se plaindre de la dame en tant que victime.

 

Il a fallu en arriver devant le cadi pour trancher le dilemme et savoir qui de la grande dame et du petit type disait vrai. La dame assura qu’elle n’en veut pas à ce monsieur qu’elle a essayé d’aider mais que son acte de lui faire venir la police est intolérable. Cela dit, elle ne compte pas pousser l’affaire jusqu’à  s’abaisser à son niveau. Tout ce qu’elle réclame devant le cadi c’est que le monsieur jure sur le coran qu’elle ment et qu’il dit vrai alors elle le laissera à Dieu tout simplement en acceptant sa version.

 

Le cadi sortit le Coran… Là le monsieur s’est mis à trembler et il finit par dire qu’il ne pouvait pas jurer sur le Coran. Depuis la dame a pardonné, le monsieur s’est excusé.

 

Il n’y a pire sanction que de laisser le coupable présumé à Dieu. De là qu’il est dit dans le coran que même en cas d’adultère  présumé, sourate 24 :

 

« 6. Et quant à ceux qui lancent des accusations contre leurs propres épouses, sans avoir d'autres témoins qu'eux-mêmes, que celui qui agit ainsi atteste quatre fois par Allah qu'il est du nombre des véridiques,

7. Et la cinquième attestation, qu'il appelle la malédiction d'Allah sur lui s'il est du nombre des menteurs.

8. Et on n’appliquera pas de peine à la femme si elle atteste quatre fois par Allah que son mari est du nombre des menteurs,

9. Et  la cinquième attestation, appelle la colère d'Allah sur elle, s'il était du nombre des véridiques. »

 

Jurer au nom de Dieu est le plus sacré serment pour un musulman. Comment peut-on rire dans une assemblée nationale en évoquant  indirectement le parjure en question au nom d’arguments politiques d’ici-bas ? Comment laisser un porte-parole du gouvernement cautionner une invitation au parjure et  prendre l’avion comme si de rien n’était alors qu’on est le premier concerné ?

 

Il faut dire que les ministres, contrairement au chef de l’état, n’ont pas juré de respecter la constitution ni le serment fait au nom d’Allah. Reste que le porte-parole engage le gouvernement de Yahya Ould Hademine lui-même choisi par Aziz.

 

Nous laissons aux théologiens la science pour estimer le poids de la responsabilité de chacun, du ministre au P.M jusqu’à celui qui l’a nommé.

 

 

En attendant, on ne peut qu’être inquiet pour ceux qui semblent faire si peu de cas d’un tel serment on ne peut plus sacré…

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