. chezvlane



un grain de sable pour secouer la poussière...

STRATEGIE ANTI-RADICALISATION AU SAHEL: l’étape de Nouakchott

Vendredi 19 Mai 2017 - 18:48

Prenant de plus en plus conscience de la réalité de la menace que représentent le terrorisme et la radicalisation, la région sahélienne et sa périphérie, sous l’impulsion de la Mission de l’Union Africaine au Sahel (MISAHEL) et du groupe des cinq pays du Sahel (G5 Sahel) ainsi de leurs partenaires respectifs, sont engagés depuis quelques mois dans une démarche d’élaboration d’une stratégie régionale de lutte contre ces phénomènes. Processus séquencé en cinq étapes dont les deux premières se sont respectivement tenues à Bamako (octobre 2016) et Niamey (décembre 2016). Avant Ouagadougou et N’Diamena, Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, a ainsi abrité la troisième étape du 17 au 19 mai 2017. Une étape qui aura ainsi permis d’approfondir la réflexion sur le phénomène de la radicalisation et sur les axes stratégiques devant aider à contrer cette menace rampante.

Dès l’ouverture du colloque, le représentant de la Commission Paix et Sécurité de l’Union Africaine, Amadou Diongue, a tenu à justifier la pertinence de l’accent particulier accordé à la notion de la radicalisation : « L’acte terroriste, avant sa mise en œuvre, prend naissance et est muri dans l’esprit des hommes, via la manipulation, l’instrumentalisation des couches les plus vulnérables ». Par ailleurs, assimilant la bataille à un défi complexe, il met en exergue la nécessité de l’aborder selon une démarche synergique : « C’est un défi que nous ne pourrons pas relever sans l’implication de chacun et de tous et dans la solidarité. La lutte contre le terrorisme est transversale et multidimensionnelle. Ce qui suppose une prise en compte de l’ensemble des facteurs (économiques, gouvernance, idéologiques, sécurité, justice, droits de l’homme) et de toutes les entités sociales (services de sécurité, les femmes, les jeunes, les médias, les leaders religieux et traditionnels, etc.) ».

Quant au représentant de l’ambassade de l’Union européenne au Sahel, il en a profité pour partager les axes sur lesquels son institution entend s’appuyer pour contrer à la fois la radicalisation et l’extrémisme violent dans la région. Ces axes sont les suivants :

  • Travailler de manière générale sur le développement en veillant à mettre un accent sur les aspects qui ont le plus d’impact sur la radicalisation et l’extrémisme violent
  • Entreprendre des actions en direction de la jeunesse (formation, loisirs, etc.)
  • Travailler sur l’aspect spécifiquement religieux
  • Agir sur la problématique de l’emploi de la jeunesse

Pour sa part, le secrétaire permanent du G5 Sahel, NAJIM ELHADJ MOHAMED, il insiste et précise le caractère multidimensionnel du phénomène terroriste :

Les défis liés aux changements climatiques, à la forte demande sociale, née de l’inadéquation entre croissance démographique et économique, à l’ignorance,  au déficit d’éducation, à la faiblesse de la gouvernance et d’une bonne  culture démocratique citoyenne, et au niveau de développement de nos Etats, qui sont le terreau du radicalisme, appellent plus que jamais à une conjugaison des efforts et des intelligences, pour réfléchir et agir ensemble.

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale de la Mauritanie, Isselkhou Ould Ahmed Izid Bih, lui, a fait notamment part de l’approche de son pays dans la lutte contre le terrorisme. Une approche qui, révèle-t-il, repose sur quatre piliers qui sont :

  • La conformité au droit international,
  • L’harmonisation du droit national avec les prescriptions du droit international,
  • L’élaboration d’une stratégie face au défi terroriste,
  • La dé-radicalisation par le dialogue

Poursuivant, il indique également :

Ces 4 piliers sont mis en œuvre à travers une diplomatie préventive fondée sur la promotion de la culture de la paix pour la sécurisation du pays, et le recours au dialogue pour la dé-radicalisation des extrémistes et leur réinsertion dans la société.

Enfin, le Haut-représentant de la Mission de l’Union Africaine au Sahel (MISAHEL), l’ancien président burundais, Pierre Buyoya, a exhorté tous les acteurs impliqués dans ce processus de réflexion à se pencher de manière singulière sur les mécanismes de financements du terrorisme. En effet, selon lui, la maîtrise de cette dimension du financement est une donnée fondamentale de la lutte contre le terrorisme. Sauf qu’admet-il, cette maîtrise, dans un contexte de pauvreté des pays, de corruption de l’administration, de porosité des frontières, n’est pas une mince affaire.

Le colloque proprement dit, a consisté en des exposés et des discussions autour de la réforme des systèmes de sécurité et de la mutualisation des informations, des enjeux juridiques de la lutte contre la radicalisation, de la problématique des droits humains dans le contexte de lutte contre le terrorisme, des aspects financiers de l’extrémisme violent, de la place des réseaux sociaux dans les stratégies à mettre en place ainsi que de la problématique de la jeunesse face au péril terroriste. Par ailleurs, différents partenaires étaient également invités à partager leurs approches concrètes quant à la lutte contre le phénomène.

Boubacar Sanso Barry

source ledjeli.com

chezvlane

chroniques VLN | énergie / mines | politique | économie | affaires religieuses | interview | société | communiqué | droits de l'homme | actu opposition | diplomatie / coopération | ONG / associations | justice | sécurité | international | sports | Syndicats / Patronat | tribune | faits divers | vidéos | rumeurs | ndlr | culture / tourisme | pêche | Santé | medias | conseil des ministres | actu.g



Rubriques à la une

Recherche