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Mohamed Yahya Horma, vice-président UPR : ‘’Malgré l’approche disruptive adoptée en la matière, l’éradication de la gabegie est œuvre de longue haleine’’

Mercredi 17 Février 2021 - 15:43

Mohamed Yahya Horma, vice-président UPR : ‘’Malgré l’approche disruptive adoptée en la matière, l’éradication de la gabegie est œuvre de longue haleine’’

Le Calame : L’Union Pour la République dont vous êtes  l’un des vice-présidents vient d’achever une réunion de son bureau exécutif. Pouvez-vous nous dire sur quoi ont porté les débats ? S’agit-il de préparer le dialogue dont on parle depuis quelque temps ? Si oui, quels sont les thématiques que le parti voudrait soumettre à ce conclave ?

Mohamed Yahya Horma : Le Bureau Exécutif de l’UPR s’est réuni le 6 Février conformément à la périodicité mensuelle de ses réunions, décalées depuis quelques mois pour  des raisons sanitaires. C’est la 7 ème réunion depuis le 2ème Congrès Ordinaire des 28 et 29 Décembre 2019. Outre les communications et discussions traditionnelles sur la situation politique et les activités entre les sessions, il a examiné l’envoi de Missions de contact et de sensibilisation auprès de toutes les Fédérations. Ce point  comporte plusieurs volets dont notamment les éléments du Discours politique. À titre d’information, le Bureau Exécutif a pris connaissance des contacts en cours pour susciter un large consensus au sein des Formations Politiques pour la tenue d’une Concertation Nationale sur les Grandes Questions relatives à la Cohésion et à l’Unité Nationales ainsi qu’à la Gouvernance notamment. Elle se réunira quand la maturation de la démarche aura progressé pour en délimiter le cadrage. Ces sujets et d’autres, dont les Parties prenantes conviendraient, méritent qu’on en discute pour dégager des convergences justes et raisonnables.

 

-Selon les informations, le parti s’apprête à envoyer des missions à l’intérieur du pays. Peut-on savoir pourquoi ?

-Il a été programmé, lors des toutes premières réunions du Bureau Exécutif d’envoyer des Missions conduites par certains de ses membres pour superviser des réunions avec les instances locales et discuter des apports  du 2ème Congrès Ordinaire en matière d’orientation et de discours politique ainsi que des questions d’intérêt local ayant trait aux conditions de vie des citoyens et de l’impact des programmes du Gouvernement. Elles visent aussi à prendre contact avec les Personnalités politiques, les Cadres et Militants locaux. Ces Missions ont été déprogrammées à plusieurs reprises à cause de contraintes liées à la Pandémie Covid 19.

 

-L’UPR a organisé, il y a quelques mois, un atelier portant sur le « renforcement de l’unité nationale et l’éradication des séquelles de l’esclavage ». Plusieurs communications ont été faites lors de cette journée. Il s’agit là de signaux très forts à l’endroit de l’opposition dont certains acteurs sont qualifiés d’extrémistes. Que peut-on  retenir de cette rencontre? A votre avis, comment peut-on parvenir à une solution définitive et consensuelle à ces questions clivantes  et récurrentes à la fois?

- Le Parti a organisé un Atelier dédié à l’Unité Nationale, à la Cohésion sociale et à l’éradication des séquelles de l’esclavage. C’est une initiative visant à susciter un débat de qualité, empreint de modération et de patriotisme sur ces questions vitales pour  le Pays. Trois autres Ateliers régionaux sur ces mêmes sujets sont prévus (et imminents) à Kaédi, Kiffa et Nouadhibou. Les perspectives d’analyse du microcosme Nouakchottois et des Terroirs de l’intérieur sont différenciées mais complémentaires et permettent d’avoir une vue et une idée globales des questions fondamentales et des priorités. L’Atelier de Nouakchott a été instructif et positif. Il est néanmoins tôt de dégager des pistes de solutions définitives pour régler l’ensemble des problèmes. Aussi, l’heure étant à la concertation et à l’apaisement, convient-il d’attendre le parachèvement du Processus: Ateliers Régionaux en interne et Concertation au niveau National entre les Partis et le cas échéant, Associations pour envisager des solutions consensuelles et globales pour des questions de cette importance.

 

- Il y a quelques semaines, une hausse importante des prix des denrées de première nécessité a été enregistrée dans nos marchés. Et face à cette situation, le gouvernement a pris un train de mesures. Avez-vous le sentiment que sa réponse a permis d’enrayer cette spirale? Ne faudrait-il pas d’autres mesures d’accompagnement?

-La question des prix à la consommation est une question centrale en matière de politiques publiques économiques  et sociales. L’analyse approfondie des éléments d’explication des hausses de prix qui interviennent cycliquement est préalable à la recherche de solutions de stabilisation de ces prix. Le Président de la République a constitué un comité interministériel pour trouver des solutions rapides et efficientes dans le but d’endiguer le phénomène et rétablir des niveaux acceptables de prix.

La structure des prix de vente de tout produit importé se décompose en segments que sont:

-Le prix fob, le fret et l’assurance, les droits de douanes et taxes indirectes et les frais de manutention et de stockage.

-Les prix, notamment ceux des produits alimentaires,  ont  subi 8 hausses consécutives mensuelles y compris le  mois de janvier dernier. (cf. l’index FAO des prix des produits alimentaires, FFPI).

L’offre de transport et de conteneurs est quasi nulle et les prix du fret ont été, sur certains trajets, multipliés par 5.

Le Ministère du Commerce et le Comité interministériel chargé de la question ont identifié les causes objectives et les dysfonctionnements et ont pris des mesures  de stabilisation en concertation avec les organisations d’importateurs.

Les prix régulés sont publiés et contrôlés. Des causes conjoncturelles (état de la mer et disponibilité de la main d’œuvre) perturbent occasionnellement le déchargement des produits sur des bateaux en rade.

Les mesures qui sont prises sont bonnes, d’autres plus structurelles nécessitent temps et réflexion.

 

Des divergences entre la majorité et l’opposition portant sur la composition de la Haute Cour de Justice (HCJ) ont occasionné le report de sa mise en place, très attendue par les mauritaniens. Selon certains parlementaires, l’UPR aurait refusé à l’opposition 2 places au sein de cette cour. L’opposition voudrait une cour « représentative » de ses différents groupes. Qu’en pense votre parti ? Quel est l’état des rapports entre le pouvoir et l’opposition depuis l’arrivée au pouvoir du président Ghazwani?

-Les rapports entre le Président de la République, le Gouvernement et la Majorité d’une part et l’Opposition d’autre part n’ont jamais été aussi  bons qu’aujourd’hui. Les contacts sont réguliers, positifs et portent sur l’ensemble des questions importantes. Le Président de la République a respecté intégralement ses engagements au titre de l’apaisement et cette approche déteint de façon substantiellement positive sur le climat politique. Le jeu parlementaire est généralement laborieux.

Sur la HCJ, les consultations sont en cours et elles aboutiront nécessairement à un accord. La répartition des postes en son sein est régie par les textes y afférents. Notre Groupe Parlementaire a la compétence et la perspicacité suffisante pour aplanir les incompréhensions du moment.

 

-Les mauritaniens attendaient, à défaut d’une rupture, un changement par rapport à la gouvernance du prédécesseur du président Ghazwani. Pensez-vous qu’il est toujours sur la bonne voie ?

-La bonne gouvernance est au cœur de la méthode de Gouvernement du Président Mohamed ould Cheikh El Ghazwani. Au cours de la période écoulée de son mandat,  il n’a pas été enregistré d’entorse significative à cette orientation. Il n’est pas fait état par les lanceurs d’alerte ou la presse de “ scandales “, “ d’affaires “ de corruption ou d’erreurs de gestion significatives. Malgré l’approche disruptive adoptée en la matière, l’éradication de la gabegie est œuvre de longue haleine

La constitution, le travail et le rapport de la  Commission d’Enquête Parlementaire, tout cela a été un marqueur sans précédent dans notre Pays et dans la Région dans le domaine de la Bonne Gouvernance. Il y aura un avant et un après CEP.

Les conséquences du contrôle parlementaire ont crée une forte dissuasion chez les hauts responsables.

 

-Parmi les acquis du président Ghazwani, on peut noter la « normalisation » des rapports entre la majorité et l’opposition, une décrispation de l’arène politique. Pour autant, bon nombre de mauritaniens épinglent les « lenteurs » de son gouvernement, le maintien à leur poste de personnes citées dans le rapport de la CEP. Comprenez-vous leur impatience ?

-De façon liminaire, on devrait rappeler la survenue de la Pandémie Covid-19 qui constitue le plus fort choc subi par l’humanité depuis près d’un siècle et juger les Politiques Publiques à l’aune de l’efficacité de la riposte à ce fléau. On devrait ensuite lister et évaluer les mesures prises pour améliorer la vie des couches les plus précaires (salaires, retraites, assurances médicales, prises en charge diverses, transfert monétaire...) Enfin le Programme Élargi est un Programme majeur qui jette les bases du Développement post -Covid avec une enveloppe inégalée de 24.1 milliards de nouvelles ouguiyas Il me semble qu’un examen global de ce qui a été accompli rapporté à la période de référence est de nature à modérer l’empressement subjectif.

 

-Vous êtes membre du comité de gestion du Fonds COVID. D’abord, avez-vous le sentiment que le gouvernement a bien géré la pandémie ? Si oui, que pouvez-vous dire ensuite  aux mauritaniens dont les parlementaires qui jugent la gestion du fonds COVID pas « transparente » ?

Le plan de riposte Covid-19 et le Fonds de Solidarité d’environ 5.5 milliards de nouveaux ouguiyas qui en est l’instrument de Financement ont permis d’atténuer l’impact de la pandémie dont nous avons subi 2 vagues sur les plans suivants:

-Renforcement d’un système de santé qui était très faible et à tout le moins non préparé à ce type de chocs, aide multiforme aux citoyens en précarité.

-Mobilisation de ressources de l’Etat, des citoyens, des opérateurs économiques et des partenaires techniques et financiers à une concurrence des besoins.

Sur la transparence, il a été reproché d’avoir conclu des marchés par entente directe, pour la plupart relatifs à des médicaments et équipements sanitaires difficilement trouvables sur le marché. L’IGE est intervenue, a redressé les prix à la baisse et fait extourne les différentiels. Les engagements et décaissements postérieurs à ces commandes de départ n’ont pas fait, à ma connaissance, l’objet de signalement d’irrégularité.

 

-L’éducation et la santé constituent sont des priorités du programme élargi du président de la République. Que pensez-vous de l’école républicaine que  le président Ghazwani s’est engagé à édifier ?

L’enseignement a fait l’objet d’un diagnostic pertinent de sa situation et des actions prioritaires sont réalisées ou enclenchées pour en améliorer la qualité. Le montant alloué à l’école républicaine est de 4 milliards de nouvelles Ouguiyas.

La santé a bénéficié d’enveloppes budgétaires conséquentes et sur plusieurs de ses composantes des chantiers sont en cours de réalisation. Le montant global des financements dans le cadre du Programme Élargi alloué à la Santé est de 1, 747 milliards de nouvelles Ouguiyas.

L’école républicaine est un objectif majeur pour démocratiser l’enseignement, rétablir sa qualité et en faire un creuset de l’unité nationale.

 

- Il y a quelques jours, le Premier ministre a fait le bilan de l’action gouvernementale. Quelle appréciation vous en faites?

Le Discours du Premier Ministre a été l’occasion d’exposer l’action du Gouvernement au cours de l’année. C’est un bilan honorable eu égard aux chocs exogènes et contraintes. Un travail sérieux et soutenu a été accompli, il jette les bases solides pour faire avancer l’exécution du Programme du Président de la République.

 

                                                                 Propos recueillis par Dalay Lam

lecalame.info

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