Le rapport d’analyse de la situation des enfants et des adolescents en Mauritanie publié la semaine dernière par l’UNICEF met en lumière une crise profonde de la situation de l’enfance dans notre pays. Ainsi, tenez-vous bien, 95 % des enfants de 10 ans ne savent ni lire ni comprendre un texte simple. Si près de 96,9 % des enfants sont officiellement scolarisés, seuls 64,3 % le sont réellement de manière régulière. Moins de 1 % des enseignants disposent des compétences requises et les établissements manquent cruellement de manuels scolaires et de ressources pédagogiques. La malnutrition aiguë touche 13,5 % d’entre eux, tandis que 77 % souffrent d’anémie. Plus de 41 % d’entre eux ne sont pas enregistrés à l’état-civil, compromettant leur accès aux droits fondamentaux.
Si les chiffres sont réels, on peut dire, sans risque de se tromper, qu’il est plus que temps de tirer la sonnette d’alarme. S’ils sont faux ou n’ont pas été traités avec le recul nécessaire, il y a de quoi décréter tout le personnel de cette organisation onusienne persona non grata. L’Algérie l’a déjà fait pour moins que ça. Faut-il s’en inquiéter pour autant ? Absolument, quand on voit tous les efforts menés par les pouvoirs publics au profit de l’école, ces dernières années, et les immenses moyens qui y ont été injectés. Les plus optimistes vous diront qu’il faut attendre quelques années pour récolter ce qu’on a semé aujourd’hui. Certes, mais il y a urgence. L’échec scolaire, les frustrations et les inégalités sont une bombe à retardement et, comme dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir.
Ahmed ould Cheikh
lecalame

Mieux vaut prévenir ….
