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Mauritanie - Sénégal face à la violence sexuelle : le milieu rural facteur aggravant

Vendredi 20 Octobre 2017 - 16:05

Un atelier régional de restitution des résultats à mi-parcours sur les violences sexuelles et l’accès à la justice pour les femmes rurales de l’Afrique de l’Ouest (Sénégal et Mauritanie) s’est tenu hier à Dakar. Il a permis aux acteurs de la société civile d’expliquer à ces dernières les inconvénients du phénomène.
 
D’emblée, Ramata Molo Thioune du Centre de recherches pour le développement international (Crdi) affirme qu’un tiers des femmes dans le monde a été, une fois, victime de violence . « Les causes sont multiples ; toutes les couches sociales sont touchées », avise-t-elle. L’atelier de ce jeudi 19 octobre portant sur la restitution des travaux de recherche en Mauritanie et au Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre du projet de recherche-action « violences sexuelles et accès à la justice pour les femmes et filles rurales de l’Afrique de l’Ouest », soutenu financièrement par le Centre de recherches pour le développement international (Crdi) veut y mettre un terme.
 
Selon Mme Tandian née Oumoul Khaïry Coulibaly, socio-anthropologue, la plupart des violences sont gérées à l’amiable avec l’implication de notables, chefs ou délégués de quartiers, etc. La coordonnatrice principale du projet avance : « Dans la commune de Bonconto (Vélingara), on a plus de 50% de cas de violence et parmi eux, il y a les mariages précoces ou forcés qui sont relèvent de violences sexuelles ». Elle a précisé que ce projet qui a démarré en 2015 dure sur 36 mois. Les zones d’intervention sont la région du Trarza (Mauritanie) et Kolda (Sénégal).
 
« La ruralité est un facteur aggravant des risques de violence et d’impunité. Dans ces zones, la famille est sociale. Si en ville c’est l’anonymat ; au village, tout le monde se connaît », a-t-elle dit, regrettant le déséquilibre des rapports de genre, l’exclusion, la pauvreté, le déni, entre autres.
 
Quant à l’expert Rosnert Ludovic Aloussoutin, il a soutenu que le viol est une pratique courante, mais dissimulée chez nous. Il a également dit que c’est la loi qui autorise le mariage précoce en Mauritanie. « Le recours à la justice non formelle aboutit à des règlements à l’amiable (34%) et 48% pensent que le recours à la justice formelle est une bonne solution. Nous devons travailler sur l’environnement juridique pour défendre la stabilité de la communauté », a-t-il fait savoir. Dans une note remise aux participants, il est écrit ceci: la prévalence des violences (toutes formes confondues) contre les femmes est de 45,6% en Afrique. Cette prévalence est de 11,9% pour le cas particulier des violences sexuelles (Oms, 2013). « L’écrasante majorité de ces cas de violences sexuelles, aux conséquences sanitaires, sociales et économiques désastreuses reste impunie », explique l’étude.
 
Pour sa part, Dame Sall, secrétaire général du Réseau africain pour le développement intégré (Radi), souligne : « Nous voulons, à travers cette approche et démarche d’autonomisation, apporter notre valeur ajoutée aux nombreux travaux de recherche disponibles sur la question, mais qui n’honorent pas suffisamment les solutions alternatives ».
 
De son côté, Mme Ramata Molo Thioune du Centre de recherches pour le développement international (Crdi)/Canada a expliqué l’importance de tenir cet atelier pour une large diffusion et susciter la question du genre. « La recherche pour le développement, c’est trouver des solutions viables aux problèmes», a-t-elle souligné.
 
Serigne Mansour Sy CISSE

source lesoleil.sn
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