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Mauritanie : « Esclave », l'injure qu'il faut désormais éviter

Mardi 24 Avril 2018 - 10:56

Dans la lutte contre l'esclavage et tout ce qui s'en rapproche, les autorités mauritaniennes s'inscrivent sur une orbite de fermeté. Illustration avec les premières condamnations de personnes ayant traité d'autres d'« esclaves ».




Trois Mauritaniens ont été condamnés lundi à des peines d'un an de prison ferme pour avoir « traité autrui d'esclave », une première pour ce type de délit dans un pays où la persistance de pratiques esclavagistes est régulièrement dénoncée par des ONG.

 

 

Créé en 2013, le tribunal spécial de répression des crimes d'esclavage a prononcé la peine maximale qui va de six mois à un an de prison prévue pour ce type de dénigrement dans trois affaires distinctes, rapportent des sources judiciaires.

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Peines exemplaires

 

Les trois prévenus, qui ont également écopé d'une amende équivalente à 600 euros, ont été condamnés pour le « préjudice moral » subi par les personnes qu'elles avaient traitées d'esclave, en vertu d'une loi récente qui considère comme un délit « tout comportement consistant à dénigrer ou à traiter » quelqu'un d'esclave.

Par ailleurs, le tribunal a renvoyé à sa prochaine session un autre dossier portant sur un crime présumé d'esclavagisme proprement dit, les avocats de l'accusé ayant introduit un recours pour vices de forme devant la chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Nouakchott.
 

En mars dernier, trois personnes avaient été condamnées en Mauritanie à des peines de 10 et 20 ans de prison ferme pour pratiques esclavagistes. Les ONG de défense des droits de l'homme accusent la Mauritanie de « déni » et de « censure » face à la persistance de cette pratique, officiellement abolie en 1981. Les autorités affirment pour leur part vouloir combattre les « séquelles matérielles et morales » de l'esclavagisme.
 

La Mauritanie pointée du doigt

 

La Mauritanie s'est cependant dotée en décembre 2015 de trois tribunaux spécialisés dans les affaires d'esclavage, à Nouakchott, Nouadhibou (nord-ouest) et Néma (sud-est). Ce dernier avait prononcé une première condamnation en mai 2016, à l'encontre de deux hommes, qui avaient écopé de cinq ans de prison ferme.

Selon le rapport de Global Slavery  2016, le taux d'esclave en Mauritanie est estimé à 1 % (43 000 personnes) même si cela reste très compliqué à mesurer. En 2014, le même rapport parlait de 4 % de la population réduite à l'esclavage. Certaines ONG locales dénoncent entre 10 et 20 % d'esclaves. Il est donc vraiment très difficile d'établir un chiffre.

Amnesty International va même plus loin et juge que depuis la réélection du président Mohamed Ould Abdel Aziz en juin 2014 et à un an de la prochaine présidentielle, les militants qui dénoncent la discrimination et l'esclavage s'exposent à « tout un arsenal de mesures répressives ».

 

D'après les informations de l'ONG, « plus de 168 défenseurs des droits humains » ont été arrêtés arbitrairement et « 17 d'entre eux au moins » ont été torturés ou soumis à d'autres mauvais traitements ces cinq dernières années.

Et pour la première fois, l'Union africaine (UA) a publiquement condamné la Mauritanie pour ne pas s'attaquer réellement à la pratique de l'esclavage qui persiste dans le pays. Un comité de l'UA, chargé de défendre les droits des enfants, exige que soit enfin accordée une compensation financière à deux petits Mauritaniens esclaves, libérés en 2011. 

source afrique.lepoint.fr

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