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un grain de sable pour secouer la poussière...

Le général Ghazouani ministre : humiliation ou perspectives ?

Mardi 30 Octobre 2018 - 19:32

Le premier réflexe qu’ont eu beaucoup de mauritaniens, fut de se dire qu’Aziz a anesthésié Ghazouani avec cette nomination or il n’en est rien car le général est censé quitter l’armée pour aller à la retraite en attendant 2019 pour éventuellement être candidat si Aziz le permet or rien n’est moins sûr car Aziz lui-même balance entre l’envie de jouer à l’acrobatie institutionnelle qui lui permettrait de sortir par une porte et revenir de l’autre en respectant la constitution ou passer en force comme l’espère, paraît-il, son proche entourage qui estime qu’il n’a pas à jouer avec le feu car le terrain est clairement dégagé pour autant de mandats qu’il le souhaite comme bien des autocrates de la sous-région en parfaite intelligence avec les alliés occidentaux dans la guerre contre le terrorisme ou juste des intérêts économiques cautionnés par une stabilité de la rue.
 
Quant à lui, Ghazouani ne semble pas s’être décidé mais beaucoup de déçus de l’azizanie comptent sur lui pour rectifier les deux précédents mandats où la Mauritanie a été divisée plus que jamais, plombée par une déchirure entre hratine et beidhânes, une montée de l’islamisme du côté du pouvoir et de l’opposition, une tension avec nos partenaires occidentaux cultivée par un double discours public / privé où d’un côté on excite les foules contre les nçaras et de l’autre on leur offre quelques contrats en bonne intelligence.
 
A ce jour, rien n’est joué et seuls Aziz et Ghazouani savent ce qu’il en est. Reste que ceux qui pensent que les deux seuls véritables hommes forts de Nouakchott ne travaillent pas en bonne intelligence, se trompent. Si Aziz a pu passer ses mandats à visiter la planète c’est parce que la sécurité intérieure était assurée. Reste que les enjeux, la soif de pouvoir, les appétits de l'entourage respectif et surtout ce que souhaitent les hauts gradés, tout cela peut mettre les meilleurs amis du monde en position de concurrence politique.
 
Lequel va dégainer le premier contre l’autre ? Ghazouani n’a aucun moyen de le faire sinon militaire mais il ne fera jamais cette folie car pour ça il faudrait une envie ingrate de renverser la table et cela ne pourrait se faire sans faire exploser la grande muette entre partisans de l’un ou de l’autre et Aziz, qui n’est pas un enfant, a fait le nécessaire pour se mettre à l’abri de toute tentation de renversement de l’intérieur par une combinaison de nominations au cœur du dispositif que seuls les experts du monde militaire connaissent.
 
D’ailleurs quiconque tenterait quelque chose serait non seulement mis KO mais en plus il aurait contre lui la légitimité constitutionnelle d’Aziz. Donc il ne reste que la voie politique…
 
Là Ghazouani et Aziz savent que s’ils ne font rien tous les deux, ils seront hors jeu dès 2019. Il faut donc pousser ses pions doucement, savamment et entretenir l’amitié armée.
 
Il est clair que la providence a donné à Aziz une sortie en or avec Ghazouani, quitte ensuite à revenir. Va-t-il la jouer ? Rien n’est moins sûr par jalousie car Ghazouani est un pilier militaire fondamental dans son dispositif, celui qui ne traîne aucune casserole telle qu’Aziz en trimballe même si l’un ne pouvait rien faire sans le bouclier de l’autre. Reste une différence de tempérament, un certain rapport à l’autorité, une façon de se faire respecter que tout oppose chez les deux hommes.

Bref, l’heure tourne. Aziz est censé sortir en 2019 et Ghazouani est censé aller à la retraite fin novembre. Aziz a le temps de voir venir, Ghazouani est pris par le temps. Quitter l’état-major et rentrer chez soi en attendant 2019, ce serait un suicide politique car quand on sort, on est fini très vite. Voilà pourquoi sa nomination comme ministre de la défense est le mieux qui puisse lui arriver en respectant les textes en matière de retraite mais cela le laisse démuni car il n’a plus que le pouvoir de ses partisans…
 
Combien de temps cela va durer, on le saura vite. On apprend qu’il pourrait rester chef d’état-major tout en étant ministre de la défense car l’armée aurait déjà connu cela sous Daddah. On le saura vite.
 
Quant à Aziz, il a collé aux projets présumés Ghazouani un "ennemi" notoire à savoir le fantasque Ould Baya président de l’assemblée, désormais deuxième personnage après le chef de l’état, pouvant à l’occasion assurer l’intérim même bref…
 
L’heure tourne, on voit les masques, ils finiront par tomber… Pourvu que les deux frères d’armes restent chacun raisonnable au-delà des pressions de l’entourage respectif….

VLANE

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