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En Mauritanie, l’ancien président Aziz va devoir expliquer l’origine de son « immense » fortune

Vendredi 3 Février 2023 - 11:01

A la tête du pays de 2008 à 2019, le militaire est au cœur d’un rare procès pour corruption intenté contre un ancien chef d’Etat.


 

Un procès d’une ampleur sans précédent se déroule à Nouakchott depuis mercredi 25 janvier. Après deux années de procédures menées par le pôle anticorruption, douze personnalités liées aux sphères économiques et politiques comparaissent au palais de justice de la capitale mauritanienne. Parmi elles figure Mohamed Ould Abdel Aziz, chef de l’Etat de 2008 à 2019. A ses côtés, Yahya Ould Hademine et Mohamed Salem Ould El-Béchir, anciens premiers ministres. Les autres accusés ont occupé des fonctions politiques mais également économiques de premier rang dans les années 2010.

Derrière une grille fermée de la salle d’audience se trouvent des ministres et de hauts responsables d’entreprises publiques, comme l’ancien directeur de la Société nationale industrielle et minière (SNIM) ou celui de la Somelec, la compagnie nationale d’électricité. Ils doivent répondre de délits financiers : « enrichissement illicite », « abus de fonctions », « recel de produit du crime », « trafic d’influence », « blanchiment »…



 « Plus de soixante avocats doivent plaider et le dossier d’instruction fait près de 10 000 pages, explique Mohamed Abdellahi Bellil, président de l’Observatoire mauritanien de lutte contre la corruption, qui s’est constitué partie civile. Ce procès est exceptionnel car il constitue un évènement social et judiciaire. Depuis une semaine, les Mauritaniens suivent les plaidoiries dans les médias, sur les blogs, et commentent les joutes oratoires des uns et des autres. »
 

« Test pour notre pays »

 

Le premier jour d’audience, des dizaines de personnes s’étaient massées devant le palais de justice, certains afin de soutenir Mohamed Ould Abdel Aziz, d’autres pour exhorter l’ancien général, porté au pouvoir à la faveur d’un putsch en 2008 puis élu président en 2009 et réélu en 2014, à « rendre l’argent ». « On a à entendre le droit, écrit Le Calame, journal indépendant parmi les plus lus du pays, dans son éditorial du mardi 31 janvier. Le droit dans toute sa noblesse, au service de la vérité. Il ne s’agit pas ici d’idéalisme ni même d’éthique. C’est très concrètement notre avenir qui est en jeu. »


Dans ce pays pauvre de 4,5 millions d’habitants, classé 140e sur 180 par l’organisation anticorruption Transparency International, l’envie de voir la justice sociale s’imposer est forte au sein de la population. « Les Mauritaniens veulent un procès équitable au cours duquel toutes les parties vont pouvoir exprimer leurs arguments, assure Mohamed Abdellahi Bellil. C’est un test pour la justice du pays : la séparation des pouvoirs existe-t-elle ? »

Lire aussi : En Mauritanie, l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz arrêté à la veille de son procès


La discorde entre le fougueux Mohamed Ould Abdel Aziz et le placide Mohamed Ould Ghazouani, qui lui a succédé à la présidence en août 2019, alimente les conversations. Est-elle à l’origine de ce procès ? Les deux hommes ont été « des amis de quarante ans », selon eux, des frères d’armes aussi. Dans un pays qui a connu de nombreux coups d’Etat, leur amitié s’était forgée dans la réussite de deux putschs, puis lorsque Mohamed Ould Ghazouani fut directeur de cabinet, puis ministre de la défense de M. Aziz.

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