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un grain de sable pour secouer la poussière...

Aéroport : on entre plus facilement à Paris ou à Dakar qu'à Nouakchott...

Dimanche 29 Janvier 2017 - 18:13

Aéroport : on entre plus facilement à Paris ou à Dakar qu'à Nouakchott...

Me voilà de retour à Nouakchott après une virée eu Europe qui ne  m’a pas empêché, comme chacun sait, de continuer mes activités citoyennes d’analyse et d’information notamment durant la crise mauritano-sénégambienne. 

 

La Mauritanie ne nous quitte jamais même au cœur des beautés d’une balade à Paris, à Venise ou au sommet d’une montagne de la badia italienne. C’est ainsi et ce n’est pas plus mal car la Mauritanie malgré les tensions que la traversent et les tracasseries avec lesquelles l’administration accable les métis et les mariages mixtes, c’est tout ce que nous avons et, sauf cas de force majeure, rien ne nous en éloignera inchallah…

 

Certains se demandent mais de quoi vit Vlane et comment finance-t-il ces petits voyages.  C’est tout simple : d’abord ce sont des voyages qui ne coûtent quasiment rien vu qu’il ne s’agit pas de voyage pour faire du shopping en s'éternisant à l’hôtel. Il s’agit de voyages d’amateur de balades et de paysages gratuits comme l’air surtout quand ici et là on peut  loger chez des amis ou via des airbnb démocratiques. Quant à l’essentiel, comme chacun l’aura remarqué, Vlane travaille beaucoup sur des sujets brûlants de l’actualité et ce depuis bientôt 9 ans avec près de 1800 articles engagés qui ne me valent pas que des amis ; bien au contraire…


Après 6 ans de bénévolat dans une petite chambre chez papa et maman jusqu’à 39 ans sans parler d’une année de galère sans eau ni courant dans une piaule à la maison des artistes plasticiens de Mauritanie que je payais 10 ou 20.OOO ouguiyas,  après avoir vécu un temps marchand d’art, il m’arrive désormais de recevoir des dons d’amis de la liberté d’expression d’utilité publique comme c’est le cas de mille sites d’activistes ou de presse citoyenne engagée.

 

C’est banal : tous les sites engagés qui ne roulent pas sur l’or réclament des dons. D’ailleurs bientôt sur le nouveau site Chezvlane que j’annonce depuis des années mais que la paresse retarde, il y aura la rubrique «  faire un don » mais on n'accepte pas un don inférieur à 1000 euros car ceux qui peuvent faire des dons symboliques sont très peu nombreux ; cela ne servirait à rien alors que ceux qui peuvent faire des dons significatifs sont moins nombreux mais le résultat est plus constructif.


Il n'y a pas d'autre moyen d'être intellectuellement libre pour la presse engagée. De là que tous ceux qui vivent de leurs écrits font soit du journalisme désengagé soit ils appartiennent à un organe sous tutelle d'un parti ou d'une mouvance sinon comment expliquer le train de vie de tel ou tel patron de presse qui vend un hebdomadaire à 200 ouguiyas publié au mieux à 2000 exemplaires avec ça il faut payer charges et employés, acheter une maison ou deux, rouler en 4X4 de luxe, passer ses vacances familiales en Europe et mettre ses enfants au lycée français ?

 

Une dernière fois, pour répondre aux accusations de certains planqués et pour ne rien cacher à mes lecteurs auxquels soit dit en passant je ne dois rien vu que mes articles sont disponibles gratuitement et repris à l’occasion par les meilleurs sites de la place sauf Cridem, j’avais dès 2014 parlé d'un mécène m’ayant permis de garder la tête hors de l’eau à un moment où la situation comptable avait dépassé le seuil critique du naufrage.

 

Il n'y a donc à ce sujet publiquement depuis des années aucun mystère ni trésor.

 

 

vu que j’avais refusé plus d’une fois de travailler avec tel ou tel du pouvoir de Sidioca ou de l’opposition radicale et que je n’ai jamais adhéré à aucun parti à ce jour ni mouvance quelconque même s’il m’est arrivé plus d’une fois de me battre pour des idées communes à l’occasion avant d'en combattre d'autres à une autre occasion quand leurs orientations n’étaient pas les miennes sur tel ou tel sujet.

 

Raison pour laquelle je compte des amis parmi les opposants radicaux sur certains sujets. Ils reprennent d’ailleurs mes articles et arguments quand ça les arrange et privent leurs lecteurs des articles qui soutiennent tels et tels mérites du pouvoir.


Certains m’accusent d’être un azizien déguisé,  ce qui n’est une insulte que pour le volet déguisement car quiconque me lit régulièrement sait que je n’ai pas besoin de déguiser ma pensée vu que mes arguments difficilement attaquables par des lecteurs de bonne foi sont publiquement construits suivant le souci d’honnêteté intellectuelle face à la désinformation généralisée quand elle se présente et si en effet je reste azizien de la première heure, celle d’avant les reniements,  je ne ressemble en rien aux partisans déclarés d’Aziz, partisans qui souvent sont les mêmes de tout nouveau pouvoir… 

 

Je soutiens Aziz quand il le mérite ce qui est de plus en plus rare mais aucun de ses partisans n’osera jamais articuler publiquement sans anonymat mes critiques contre le pouvoir quand j’estime qu’il dérive ou divague.

 

Un des corollaires de ma ligne éditoriale est un éloge au désintéressement de ceux qui soutiennent ma liberté d’expression car elle n’est pas outrancière et s’articule autour d’arguments et de sources claires. Si quelqu’un se félicite de la liberté critique de mes articles, il devra se féliciter de l’ouverture d’esprit de celles et ceux qui la soutiennent à l'occasion sans tirer sur la corde comme on soutient un pendu.

 

Sans eux, j’aurais mis la clé sous la porte ou je serais certainement devenu radical comme toute la classe politique à savoir soit radicalement pro-aziz avec la dose de manque de crédibilité que l’exercice impose ou radicalement contre Aziz ce qui n’apporte pas plus de crédibilité. Qui sont-ils ? Dès qu’ils m’autoriseront individuellement à dire leurs noms, je le ferai  mais le risque étant de laisser croire qu’ils adhèreraient à mes idées sous prétexte d’adhérer au soutien à la liberté d’expression responsable or ce n’est pas pareil.

 

Précision de taille : pas un n’a sur la conscience une action contre la Mauritanie et tous sont apolitiques. Il ne s’agit que de soutiens propres qui ne sont d’ailleurs pas éternels car à la première occasion je range tout ça car soutien ou non, tout cela est bien précaire mais c'est le prix de la passion. Ce n’est pas Bouamatou qui peut d’un trait donner 2 millions d’euros pour soutenir une extension d’école étrangère ou prendre en charge un célèbre site d’information ce qui coûte des centaines de milliers d’euros, ce n’est pas monsieur 48% qui dit publiquement qu’il a pu acheter maisons, voitures, et voyages à la Mecque à ses partisans.

 

Il s’agit d’un soutien modeste sans lequel chezvlane n’existerait plus sous cette forme intellectuellement indépendante.


Revenons au sujet de l’article proprement dit :

 

C’est donc la première fois que j’atterris dans le nouvel aéroport Oum le tunisien. C’était de nuit via la RAM qui semble avoir fait un effort significatif face aux vols de bagages sans que l’arrivée des bagages sans être différée ne soit toujours assurée.  Vaut mieux un bagage qui arrive le lendemain que jamais…

 

De nuit, on voit Nouakchott scintiller de mille feux. C’est très beau pour les étrangers qui voient cela sans descendre, ils emporteront la vision d’une ville de rêve au milieu du désert où tout est ordre et propreté. 

 

A l’aéroport, nous autres mauritaniens, on s’étonne qu’il nous faille plus de temps pour passer les contrôles qu’à Paris ou même à Dakar. D’abord parce que contrairement à ces deux capitales, pour ne citer qu’elles, on ne trouve aucun poste de contrôle des passeports réservé uniquement aux mauritaniens et aux citoyens de la ligue arabe puisque nous ne faisons partie de rien d’autre.

 

A Paris, comme ne Europe, vous avez des files spéciales pour les européens et d'autres bien plus encombrées pour les étrangers à l’Union. Même à Dakar vous avez une file pour les citoyens de la CEDEAO. Chez nous, pays du tapage du nationalisme, rien de prévu pour les mauritaniens. Nous faisons la queue avec tous les étrangers qui débarquent.

 

De même : à  Paris, cela prend 1 minute sauf si vous arrivez avec un visa de tourisme et que vous n’êtes jamais venu en Europe alors on peut vous poser des questions d’usage comme aux USA. A Dakar aussi, comme à Abidjan et tous les pays de la CEDEAO, cela prend une minute. Chez nous, malgré le passeport biométrique, on doit remplir une fiche puis attendre que le policier tape tout ce qu’il lit sur la fiche et comme il ne comprend pas tout et que souvent ce sont de jeunes nouvelles recrues, l’informatique et eux fait quelquefois deux ou trois. 

 

Ils tapent souvent alors avec la lenteur de quelqu’un qui sait à peine lire et écrire. Tout cela n’est pas sérieux à l’heure de nos identités biométriques.  Même en Tunisie, ils scannent le passeport, et si rien n’indique que vous êtes recherché ou qu’il y a matière à un interrogatoire, on vous laisse passer. Chez nous, on dirait que le biométrique ne sert à rien ou qu’il est mal conçu. Pourquoi devoir chaque fois indiquer notre profession, notre adresse et notre numéro de tel surtout qu’on peut raconter n’importe quoi et attendre qu'ils retapent encore une fois des infos données à notre dernier passage ? 

 

Les renseignements mauritaniens ont tout ce qui nous concerne sur notre fiche biométrique. Tout à tel point que désormais si votre fils n’est pas enregistré, on refuse de vous délivrer votre passeport. Bientôt même le permis y sera ensuite nos faits et gestes. Comment expliquer que pour passer à l’aéroport on mette aussi longtemps en étant mauritanien ?

 

Nous prions donc les autorités compétentes de faciliter l’entrée et la sortie des mauritaniens ou au moins l’entrée s’ils ont peur que quelqu’un s’échappe sans prévenir…

 
 
Vlane A.O.S.A

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