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​Des acquis du parcours aux exigences d’une nouvelle étape, l’INSAF confirme son cap par El Wely Sidi Heiba

Lundi 14 Septembre 2026 - 10:05


 
Dans le paysage politique mauritanien, où s’entrecroisent les évolutions internes et les échéances à venir, où se conjuguent la nécessité de consolider les acquis accumulés par le pays au cours de la période écoulée et celle de se préparer avec lucidité à ce que la prochaine étape impose de nouveaux défis politiques et organisationnels, la troisième session ordinaire du Bureau politique du parti El Insaf intervient dans un contexte qui confirme sa vitalité politique, sa capacité à accompagner les transformations en cours et sa volonté de se préparer suffisamment tôt aux prochaines échéances.

Elle n’aura donc pas été une simple étape périodique venant s’ajouter au registre des réunions partisanes, ni une rencontre organisationnelle appelée à s’achever avec la clôture de son ordre du jour. Par la nature des dossiers examinés et l’étendue des questions auxquelles elle s’est intéressée, elle constitue plutôt une étape politique et organisationnelle importante, consacrée à une relecture du parcours, à la valorisation des acquis, à l’identification de ce qui appelle encore des améliorations, à la clarification des priorités, au renforcement de la préparation et à la mise en ordre des paramètres de la prochaine étape, traduisant ainsi la volonté d’El Insaf de consolider sa présence politique et institutionnelle, d’améliorer son fonctionnement et de faire évoluer son action, en passant d’une phase de consolidation des structures et de capitalisation de l’expérience à une étape plus avancée de l’action politique et organisationnelle, placée sous le signe de la préparation, de l’efficacité et de la capacité à accompagner les échéances de demain.

La tenue de cette session sous la présidence du président du parti, Mohamed Bilal Messoud, en présence du Premier ministre Moktar Ould Diay et du président de l’Assemblée nationale Mohamed Bemba Ould Meguett, ainsi que de plusieurs membres du Bureau politique et responsables du parti, confère à cette rencontre une portée qui dépasse les limites du seul fonctionnement interne de la formation. Cette présence, qui réunit la direction partisane, la responsabilité gouvernementale et la représentation parlementaire, traduit, à l’un de ses niveaux de lecture, la place qu’occupe El Insaf dans le paysage politique et institutionnel du pays et donne aux débats de la session une portée plus large, notamment lorsqu’ils portent sur l’évaluation de l’action politique et organisationnelle, l’anticipation de la prochaine étape et les nouvelles exigences de coordination et de préparation que celle-ci pourrait faire naître.

L’importance de cette session tient également à un ordre du jour qui ne s’est pas limité à dresser le bilan des réalisations, mais qui a aussi répondu à la nécessité de soumettre l’expérience récente à un véritable exercice d’évaluation, à travers l’examen de la mise en œuvre des décisions prises lors des sessions précédentes et l’appréciation du niveau d’exécution du programme de travail au cours des huit premiers mois de l’année.

Le véritable enjeu ne réside donc pas dans la tenue de la réunion en elle-même, mais dans la capacité du parti à passer d’une logique d’adoption des décisions à une logique de suivi et de mesure de leurs effets, à dépasser le simple recensement de ce qui a été accompli pour identifier également ce qui a pris du retard, en comprendre les causes et transformer les conclusions de l’évaluation en décisions correctives capables de faire progresser l’action. Car toute évaluation qui ne débouche pas sur une correction du parcours risque de rester proche d’un simple inventaire administratif des faits plutôt que de constituer un exercice politique pleinement conscient des exigences de la révision et de la responsabilité internes.

C’est précisément dans cette perspective que les différents axes de la session prennent toute leur signification, puisqu’ils révèlent une conception du travail partisan comme d’un système intégré qui ne peut être réduit à la seule activité politique, à la régularité des structures ou aux seuls instruments de communication, mais qui repose sur l’interaction de trois dimensions étroitement liées. La première est celle de la présence politique et de l’implication dans les grandes questions nationales ; la deuxième est celle de la construction organisationnelle, du renforcement des structures et de l’amélioration de leur efficacité ; la troisième est celle de l’ancrage sociétal, qui suppose de renouveler les instruments de communication et d’approfondir les relations avec les citoyens ainsi qu’avec les différents acteurs de la vie nationale et locale.

Un parti ne peut en effet préserver son efficacité politique si son organisation demeure incapable de traduire ses orientations dans les faits, pas plus qu’une organisation, aussi rigoureuse soit-elle, ne peut se transformer en force politique influente si elle ne dispose pas d’une vision claire et d’un discours capable de s’adresser à la société et d’interagir avec ses évolutions.

Cette complémentarité entre politique, organisation et communication traduit ainsi une conscience croissante du fait que l’action partisane, dans ses formes contemporaines, ne repose plus sur le seul discours ni sur une présence circonstancielle, mais exige une architecture organisationnelle capable de produire l’information, de la faire circuler et de l’exploiter, d’assurer le suivi de l’activité depuis la base jusqu’à la direction et de transformer l’orientation politique en une pratique quotidienne susceptible d’être évaluée. Car un discours, aussi solide soit-il, perd une grande partie de sa portée s’il n’est pas soutenu par des mécanismes organisationnels capables de le porter et de le traduire dans la réalité ; tout comme une organisation, aussi bien structurée soit-elle, risque de rester une structure sans véritable souffle si elle ne s’appuie pas sur une vision politique et un discours capables de dialoguer avec la société et d’accompagner ses transformations.

Dans ce contexte, le dialogue national annoncé apparaît comme l’un des enjeux politiques majeurs de la période actuelle. Il ne saurait être considéré comme un simple dossier supplémentaire inscrit à l’ordre du jour, mais comme une échéance politique qui appelle de la part du parti l’élaboration d’une vision claire de ses objectifs, de ses contenus et de sa propre place dans le processus, parallèlement à une lecture attentive des évolutions de la situation politique nationale. Il s’agit ainsi de permettre à El Insaf d’entrer dans le débat public avec une préparation suffisante pour présenter ses conceptions, défendre ses priorités et contribuer à l’élaboration des compromis auxquels cette étape pourrait aboutir. Le dialogue ne devrait donc pas être envisagé comme une simple occasion de compléter le paysage politique, mais comme un espace destiné à produire des convergences, à définir des priorités et à ouvrir de nouvelles possibilités de consensus autour des questions qui touchent à l’avenir du pays, à sa stabilité et à sa trajectoire de développement.

C’est précisément ici que se situe la différence entre une participation formelle et une véritable action politique capable d’influer sur le cours des choses. La présence au dialogue ne prend sa pleine valeur qu’à travers la capacité à apporter des idées, à entrer dans l’espace des compromis à partir d’une position politique clairement définie et à contribuer à l’élaboration des conclusions, plutôt que de se limiter à réagir à des résultats déjà arrêtés. Le défi pour El Insaf n’est donc pas seulement d’être présent lors de la prochaine échéance, mais de l’aborder avec une vision clairement affirmée, une organisation suffisamment préparée et un capital politique et institutionnel important, qui lui permette de participer effectivement à la définition des contours de la prochaine étape.

Sur le plan organisationnel, la plateforme numérique consacrée au système d’information du parti revêt elle aussi une importance qui dépasse sa dimension technique immédiate. Elle traduit une orientation vers la modernisation des outils de gestion et la mise en relation des différents niveaux de l’organisation au sein d’un système d’information plus structuré, permettant d’améliorer la circulation interne de l’information, de disposer d’une base de données plus précise, de suivre l’activité de manière continue et de rapprocher la direction des différentes structures et des acteurs du parti, en réduisant les écarts dans l’accès à l’information et en rendant la décision organisationnelle davantage connectée aux réalités du terrain.

Le passage d’une gestion traditionnelle de l’information à sa gestion au sein d’un système numérique intégré ne relève donc pas d’un simple confort technologique. S’il est correctement exploité, il peut constituer une véritable évolution dans la manière même de construire l’institution partisane. Un parti disposant d’une mémoire organisationnelle documentée, d’une base de données fiable et de mécanismes réguliers de suivi de son activité est mieux à même de prendre ses décisions à partir de données concrètes, de détecter ses forces et ses faiblesses et de passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation. La plateforme numérique n’est donc, dans son essence, ni un simple écran ni une base de données. Elle peut devenir un instrument de construction d’une mémoire institutionnelle et de capitalisation de l’expérience, un lien entre la direction et la base, et un outil permettant de faire de l’information une composante de la décision elle-même, plutôt qu’une simple donnée circulant entre les individus.

La troisième session du Bureau politique s’inscrit ainsi dans trois directions parallèles et complémentaires. La première revient sur la période écoulée afin d’évaluer ce qui a été accompli et de corriger ce qui doit l’être. La deuxième se tourne vers la prochaine étape politique à travers la préparation du dialogue, l’analyse des évolutions de la scène nationale et l’anticipation des échéances futures. La troisième concerne le fonctionnement interne du parti, avec la modernisation des outils, le renforcement des structures et la volonté d’accroître le degré d’institutionnalisation de son fonctionnement. L’intérêt de cette articulation réside dans le fait qu’aucun de ces parcours ne peut atteindre pleinement son objectif de manière isolée : une évaluation qui ne se transforme pas en amélioration reste incomplète ; une planification politique qui n’est pas soutenue par une organisation solide demeure limitée dans sa portée ; et une structuration qui ne produit ni présence politique ni ancrage social risque, avec le temps, de devenir une fin en soi plutôt qu’un moyen au service de l’action.

Dans cette perspective, l’examen des décisions prises lors des sessions précédentes et du programme des huit premiers mois de l’année ne devrait pas s’arrêter à la simple distinction entre ce qui a été réalisé et ce qui ne l’a pas été. Il devrait se transformer en un véritable processus de correction, permettant de réorganiser les priorités, de préciser les responsabilités et de définir les mécanismes de suivi. De la même manière, l’examen du dialogue et des évolutions politiques devrait déboucher sur une préparation politique concrète et non sur une simple description de la situation, tandis que la plateforme numérique devrait aller au-delà de la seule modernisation des moyens pour contribuer à instaurer une régularité institutionnelle capable de produire une présence plus efficace, plus cohérente et plus durable. Le véritable critère de réussite de la session réside ainsi dans sa capacité à transformer la révision en correction, la planification en action et la modernisation organisationnelle en une présence politique et sociétale plus influente.

Dans cette même logique s’inscrit l’élection d’un nouveau membre de la Commission permanente, qui participe à la consolidation institutionnelle, à la régularité du fonctionnement des instances et à la continuité de leur activité. Cette démarche peut paraître, à première vue, essentiellement procédurale, mais elle prend tout son sens lorsqu’elle est rapportée à une question plus large : celle de la capacité de l’institution partisane à se renouveler, à préserver la régularité de ses organes et à faire circuler les responsabilités en son sein, tout en garantissant la continuité du travail et la capitalisation de l’expérience. Une institution partisane ne se mesure en effet pas seulement au nombre de ses structures, mais à sa capacité à faire de celles-ci de véritables instruments d’action, de coordination et de suivi, et à faire évoluer l’organisation, d’un simple ensemble de structures existantes, vers une institution où l’expérience se capitalise et où les règles de fonctionnement s’inscrivent dans la durée.
De ce point de vue, la troisième session du Bureau politique d’El Insaf apparaît davantage comme une étape destinée à remettre les priorités en ordre et à redéfinir le cap que comme une simple réunion périodique au sens traditionnel.

Elle regarde le passé avec les yeux de l’évaluation, l’avenir avec ceux de la préparation et cherche, dans le même temps, à établir un lien entre les exigences politiques de la prochaine étape et le développement des outils permettant au parti de les accompagner. Il s’agit ainsi de passer d’une phase consacrée à la consolidation des structures et à l’accumulation de l’activité à une étape où l’organisation soit davantage capable de produire de l’action politique, où la politique soit davantage en mesure de dialoguer avec la société et où la présence publique soit plus directement liée à la performance et aux résultats.

En définitive, cette session constitue un moment de réexamen politique et organisationnel, au cours duquel le parti met à l’épreuve sa capacité à regarder son propre parcours avec réalisme, à intégrer les transformations de son environnement et à se préparer à une nouvelle étape politique exigeant davantage de souplesse dans l’action, davantage de clarté dans la vision et une capacité accrue à transformer les décisions en actes. Mais la véritable valeur de cette étape ne sera déterminée ni par la densité de ses axes de travail, ni par l’importance des personnalités présentes, ni par le nombre de déclarations générales qu’elle aura produites. Elle se mesurera à la nature des décisions effectivement prises, aux mécanismes de suivi mis en place et à l’impact qu’ils auront sur le fonctionnement du parti et sur ses relations avec son environnement politique et social.

Les étapes décisives ne se mesurent pas au moment où elles se tiennent, mais à ce qu’elles laissent derrière elles. Leur importance ne se confirme pas par la quantité de paroles prononcées, mais par ce qui passe du discours à la décision, de la décision à la pratique, de la pratique aux résultats. C’est donc là, en définitive, que se situe le véritable enjeu pour El Insaf : non seulement réussir à lire la nouvelle étape, mais démontrer sa capacité à passer de la lecture à l’action, de l’évaluation du parcours à sa correction et de la préparation de la nouvelle phase à une capacité réelle à contribuer à sa définition et à en façonner les contours.

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