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un grain de sable pour secouer la poussière...

Si ce n'est pas maintenant, c’est quand?

Jeudi 8 Juillet 2021 - 00:28

Après avoir participé á la mission d'Abolition Institute sur les droits de l'homme en Mauritanie et au Sénégal du 17 au 26 Mai 2021, qui fut suivie de visites familiales et amicales, je suis de retour aux Etats Unis depuis le 28 Juin 2021.
 

Contrairement à notre expulsion manu militari (dont moi-même, natif de Mauritanie) en 2017, cette fois les autorités nous ont permis d'entrer dans le pays pour mener notre mission sans entrave. Ce fut une excellente expérience d'apprentissage pour les membres de la délégation. Pour obtenir un tableau complet de la situation des droits humains, les membres de la délégation ont rencontré à la fois des officiels et des militants des droits humains/anti-esclavagistes. En raison de leur expertise diversifiée et de leur vif intérêt pour la justice sociale, ils n'ont ménagé aucun effort pour découvrir la réalité. Ils ont conclu leur mission avec une bonne compréhension des conditions des droits de l'homme en général, et de l'esclavage en particulier.
 

En fait, la Mauritanie n'a pas de problème de législations ou d'institutions car elle a toutes les lois nécessaires et les principaux traités des droits humains ratifiés qui protègent et promeuvent les droits humains. Mais le problème est le manque de volonté politique pour appliquer efficacement la loi et s'attaquer aux pesanteurs sociales qui empêchent un véritable changement. Certes, le style de leadership du gouvernement actuel qui est orienté vers le dialogue est contraire á celui du précédent qui était basé sur la confrontation. Si cela peut être considéré comme un signe positif, il est à noter qu'il est loin de répondre aux attentes de la communauté des droits de l'homme mauritanienne. Ils ont besoin de résultats tangibles pour l'éradication de l'esclavage, l'abrogation de l'amnistie de 1993 protégeant les auteurs des exécutions extrajudiciaires des années 90, le retour des réfugiés mauritaniens du Sénégal et du Mali, et l'enrôlement biométrique de tous les Mauritaniens devenus des apatrides dans leur propre pays. L'attente dure. Si ce n'est pas maintenant, c’est quand?
 

Il ne fait aucun doute qu'en raison de la nature profondément enracinée des violations des droits humains en Mauritanie, tout changement nécessitera des actions audacieuses. Cependant, le gouvernement doit comprendre que les organisations de la société civile et des droits de l'homme, au niveau national et international, sont ouvertes à soutenir toute initiative authentique à condition qu'il y ait la volonté politique requise par la situation. La mission d'Abolition Institute doit être comprise dans ce cadre.

Encore une fois, nos sincères remerciements à nos partenaires SOS-Esclaves, notre hôte, IRA et à toutes les organisations et individus qui ont contribué directement ou indirectement au succès de la visite.

 

Bakary Tandia, Human Rights Advocate

Co-Founder Abolition Institute

New York - June 30, 2021

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