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Mauritanie : Un BI à 40% du budget général de l’Etat en 2018

Mardi 13 Mars 2018 - 18:50

Le Premier ministre mauritanien, Yahya Ould Hademine, était devant l’Assemblée nationale, le 26 janvier 2018, pour se livrer au traditionnel « exercice de style » qu’est le « bilan » de la Déclaration de politique générale du gouvernement (DPG) 2015 – 2017 et les perspectives 2018. Un document d’une trentaine de pages que le Premier ministre a égrainé devant des députés dont l’écrasante majorité est acquise à la cause du gouvernement.
 
Il faut reconnaitre que, par rapport aux DPG passées, il y a un léger mieux, ne serait-ce que dans la présentation du Rapport-bilan et dans la compilation des chiffres et données livrés, comme pour dire que les « preuves » de l’exécution des projets sont bien là. Sur l’épineuse question de l’état-civil, et sans doute dans la perspective des élections attendues fin 2018, début 2019, le Premier ministre a livré de précieuses indications aux acteurs politiques qui affûtent déjà leurs armes en vue de la bataille des conseils régionaux (une première en Mauritanie), des mairies et d’une assemblée nationale dont les députés passent de 147 à 155.
 
A ce jour, l’Agence Nationale du registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANPTS), a enregistré 3.377.314 Mauritaniens et 127.761 résidents étrangers. En outre, 2.357.638 cartes d’identité ont été délivrées ainsi que 287.301 passeports. L’ANPTS qui a entrepris depuis juin 2015 la construction de sièges pour ses représentations dispose actuellement de 100 sur les 168 prévus.
 
Et le Premier ministre de préciser que l’utilisation des applications de l’Agence Nationale du registre des Populations et des Titres Sécurisés « a été élargie à la gestion des dossiers du pèlerinage, des affaires sociales, de la santé, de l’habitat, de la communication, de l’éducation, et de l’économie et de finances. »
 
En matière de décentralisation et de développement local, le bilan est moins reluisant : sur « 524 projets de construction d’infrastructures (…) dans une centaine de communes, 244 ont été effectivement réceptionnés pour une enveloppe totale de 1,253 milliard de nouveaux ouguiyas (30 millions d’euros). Beaucoup reste à faire dans le domaine puisque, la police prise pour exemple, représente un taux de location de 30% au niveau de Nouakchott !
 
De même, la lutte contre la gabegie, qui constitue avec la lutte contre le terrorisme l’un des points forts de l’action du Gouvernement mauritanien, est une bataille loin d’être gagnée. Le Premier ministre révèle que l’Inspection Générale de l’Etat « a réalisé durant les trois dernières années 80 missions d’inspection dont 32 en 2017 » et que ces contrôles « ont débusqué des fautes de gestion et des préjudices financiers s’élevant respectivement à 1,395 milliard N-UM et 596,980 millions N-UM au cours de cette période, contre 961,709 millions N-UM et 193, 505 millions N-UM durant 2017. Explication plausible : ceux qui détournent sortent facilement de prison, s’ils ont de puissants appuis au sein du pouvoir.
 
Le pays «s’endette bien»
Alors que l’opposition reproche au gouvernement d’avoir plongé le pays dans le cycle infernal de la dette (5 milliards de dollars), Ould Hademine parle lui de « bonne gouvernance économique », et d’une « nouvelle stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée pour la période 2016-2030 (SCAP), élaborée et adoptée « à la lumière des résultats de l’évaluation du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (2000-2015), et ce dans le but de consolider les acquis en matière de réduction de la pauvreté. » Dans ce cadre, 71 conventions de financement ont été signées au cours de la période 2015-2017 pour une valeur totale dépassant 55,2 milliards de nouveaux ouguiyas. Pour la seule année 2017, la mobilisation des ressources extérieures a atteint 29,2 milliards N-UM pour 24 conventions signées dans les secteurs de l’énergie, du transport, de l’élevage, de la pêche, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de la protection sociale, de la gouvernance, et de l’environnement.
 
Pour Ould Hademine, « ces efforts seront poursuivis en 2018 avec 26,65 milliards N-UM, qui seront consacrés à l’investissement, dont 12,15 milliards N-UM seront financés sur les ressources propres de l’Etat. » Et le Premier ministre de préciser que cet important effort d’investissement « représente un saut qualitatif au niveau des options de dépense puisqu’il a fait de la dépense d’investissement le plus gros chapitre du budget avec, pour objectif, de porter le BI en 2018 à 40,2% du budget général de l’Etat.
 
Etant à seulement une année et demie d’élections à risque, le Premier ministre ne pouvait se départir de l’optimisme qui accompagne la présentation de toute DPG. Ainsi, concernant les axes qui ont souvent fait l’objet d’un satisfecit de la Banque mondiale et du FMI, Yahya Ould Hademine a affirmé que l’accent sera « mis essentiellement sur le maintien des grands équilibres macroéconomiques, la lutte contre l’inflation, l’encouragement de l’investissement privé et l’augmentation de l’investissement public ». Cette orientation stratégique « a permis un taux de croissance moyen du PIB de 2,8% sur la période 2014-2017 et une reprise de l’activité économique en 2017. Reste à savoir si la reprise sera au rendez-vous en 2018 où le gouvernement prévoit une croissance réelle du PIB de 3,1%.
 
Par Mohamed Sneïba Comité Editorial – Casablanca

source afrimag.net
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