Une question simple et claire se pose depuis que Mokhtar Ould Djay a pris la tête du gouvernement. Celui-ci s’emploie-t-il à gouverner le pays ou plutôt à se mettre en scène et à façonner sa propre image ?
Une part considérable de l’énergie gouvernementale semble en effet consacrée à promouvoir une image flatteuse de l’action du Premier ministre et de son gouvernement, en mobilisant journalistes, blogueurs, influenceurs et médias pour les promouvoir et vanter leur bilan, pour le moins peu reluisant.
Pire encore, ces réseaux, à la solde d’un Premier ministre de plus en plus décrié, et certains pontes corrompus du régime en place, s’emploient également à attaquer les opposants en essayant de ternir leur image.
Cette dérive a engendré un climat politique et médiatique exécrable. L’influence sur l’opinion publique s’exerce désormais, bien souvent, à coups de campagnes de propagande, de fausses informations, d’accusations gratuites et malveillantes, et parfois de diffamation et de calomnie. Ce climat malsain ne sert ni l’État ni la société et ne saurait durer.
Tout journaliste, tout blogueur est en droit bien évidemment de soutenir librement le responsable politique de son choix. Mais le problème commence lorsque ce soutien est financé, directement ou indirectement, par les deniers publics, et lorsque certains acteurs du monde médiatique deviennent les instruments dociles et obséquieux de la propagande gouvernementale.
En effet, si cette concomitance entre l’exaltation tendancieuse du pouvoir et le dénigrement systématique de ses adversaires est liée à un financement ou à des instructions émanant de sources officielles, nous sommes alors face à l’instrumentalisation de l’information comme arme du combat politique.
Un mode de vie ostentatoire
Des informations circulent aujourd’hui au sujet de financements, d’avantages et de faveurs dont auraient bénéficié certains journalistes et blogueurs, en Mauritanie comme à l’étranger, en contrepartie de la diffusion de contenus favorables au Premier ministre, de sa défense systématique, mais aussi de campagnes de dénigrement contre des opposants.
D’autant que certains de ces journalistes et influenceurs affichent publiquement des modes de vie ostentatoires qui interrogent, entre voitures, voyages, biens immobiliers, dépenses somptuaires et signes extérieurs insolents de richesse. Lorsque ce train de vie paraît sans rapport avec les revenus connus ou déclarés, des questions toutes simples s’imposent : d’où vient cet argent, et en échange de quels services ? Quels contrats ou accords ont été conclus ? Quelles sommes ont été versées ? Par quels canaux ? Certains paiements transitent-ils par des intermédiaires ? Comment expliquer le mode de vie de certains bénéficiaires, alors qu’il semble si éloigné des revenus connus des journalistes et des blogueurs ?
Si le gouvernement a décidé d’ouvrir une enquête sur d’éventuels financements de certains blogueurs d’opposition résidant à l’étranger, et sur les accusations de chantage à l’encontre de responsables politiques dont ils feraient l’objet, l’équité exige que cette enquête porte sur toutes ces pratiques qu’elles proviennent d’opposants ou de zélateurs du premier ministre ou d’autres dignitaires du système. Si l’objectif est d’établir la vérité, l’enquête ne saurait être sélective. Elle doit porter sur les sources de financement des journalistes et des blogueurs qui font la promotion du Premier ministre des proches du pouvoir et dénigrent leurs opposants, ainsi que sur les responsables politiques qui se tiennent derrière ces campagnes.
Pour une enquête indépendante
C’est pourquoi j’exige l’ouverture d’une enquête indépendante, transparente et documentée sur ces réseaux, afin d’identifier les bénéficiaires, les sommes versées, les sources de financement, les intermédiaires éventuels, les services effectivement rendus et les procédures qui ont été suivies.
Cette enquête devra établir, avant toute chose, si des ressources publiques ont été utilisées, directement ou indirectement, pour financer une promotion politique, pour façonner une image flatteuse du Premier ministre ou d’autres piliers du pouvoir en place, ou pour financer des campagnes médiatiques destinées à défendre leur bilan et à s’en prendre à leurs adversaires politiques.
Encenser le pouvoir et lui tresser des louanges n’est pas du journalisme. Faire la promotion de la personne du Premier ministre, ou de tout autre membre du pouvoir, n’est pas informer l’opinion publique. Et s’acharner sur les opposants pour ternir leur image ne saurait tenir lieu de débat politique fondé sur des arguments et le débat d’idées contradictoire.
Les deniers publics appartiennent aux citoyens et n’ont pas vocation à acheter des louanges pour le gouvernement, ni à financer des campagnes dirigées contre ses adversaires. Et la liberté de la presse ne saurait être réelle si ceux qui sont censés surveiller le pouvoir en dépendent financièrement.
Il appartient au chef de l’Etat d’intervenir pour mettre fin à ce climat médiatique délétère et de veiller à ce que les institutions de l’État retrouvent un fonctionnement normal, loin des réseaux de flagorneurs, de propagandistes et de pourfendeurs de l’opposition. Les États ne se gouvernent pas par la propagande, ni ne se bâtissent par la flatterie. Ils se jugent à l’aune des réalisations concrètes qu’ils accomplissent sur le terrain.
Biram Ould Dah Ould Abeid
8 octobre 2026
lecalame.info
Une part considérable de l’énergie gouvernementale semble en effet consacrée à promouvoir une image flatteuse de l’action du Premier ministre et de son gouvernement, en mobilisant journalistes, blogueurs, influenceurs et médias pour les promouvoir et vanter leur bilan, pour le moins peu reluisant.
Pire encore, ces réseaux, à la solde d’un Premier ministre de plus en plus décrié, et certains pontes corrompus du régime en place, s’emploient également à attaquer les opposants en essayant de ternir leur image.
Cette dérive a engendré un climat politique et médiatique exécrable. L’influence sur l’opinion publique s’exerce désormais, bien souvent, à coups de campagnes de propagande, de fausses informations, d’accusations gratuites et malveillantes, et parfois de diffamation et de calomnie. Ce climat malsain ne sert ni l’État ni la société et ne saurait durer.
Tout journaliste, tout blogueur est en droit bien évidemment de soutenir librement le responsable politique de son choix. Mais le problème commence lorsque ce soutien est financé, directement ou indirectement, par les deniers publics, et lorsque certains acteurs du monde médiatique deviennent les instruments dociles et obséquieux de la propagande gouvernementale.
En effet, si cette concomitance entre l’exaltation tendancieuse du pouvoir et le dénigrement systématique de ses adversaires est liée à un financement ou à des instructions émanant de sources officielles, nous sommes alors face à l’instrumentalisation de l’information comme arme du combat politique.
Un mode de vie ostentatoire
Des informations circulent aujourd’hui au sujet de financements, d’avantages et de faveurs dont auraient bénéficié certains journalistes et blogueurs, en Mauritanie comme à l’étranger, en contrepartie de la diffusion de contenus favorables au Premier ministre, de sa défense systématique, mais aussi de campagnes de dénigrement contre des opposants.
D’autant que certains de ces journalistes et influenceurs affichent publiquement des modes de vie ostentatoires qui interrogent, entre voitures, voyages, biens immobiliers, dépenses somptuaires et signes extérieurs insolents de richesse. Lorsque ce train de vie paraît sans rapport avec les revenus connus ou déclarés, des questions toutes simples s’imposent : d’où vient cet argent, et en échange de quels services ? Quels contrats ou accords ont été conclus ? Quelles sommes ont été versées ? Par quels canaux ? Certains paiements transitent-ils par des intermédiaires ? Comment expliquer le mode de vie de certains bénéficiaires, alors qu’il semble si éloigné des revenus connus des journalistes et des blogueurs ?
Si le gouvernement a décidé d’ouvrir une enquête sur d’éventuels financements de certains blogueurs d’opposition résidant à l’étranger, et sur les accusations de chantage à l’encontre de responsables politiques dont ils feraient l’objet, l’équité exige que cette enquête porte sur toutes ces pratiques qu’elles proviennent d’opposants ou de zélateurs du premier ministre ou d’autres dignitaires du système. Si l’objectif est d’établir la vérité, l’enquête ne saurait être sélective. Elle doit porter sur les sources de financement des journalistes et des blogueurs qui font la promotion du Premier ministre des proches du pouvoir et dénigrent leurs opposants, ainsi que sur les responsables politiques qui se tiennent derrière ces campagnes.
Pour une enquête indépendante
C’est pourquoi j’exige l’ouverture d’une enquête indépendante, transparente et documentée sur ces réseaux, afin d’identifier les bénéficiaires, les sommes versées, les sources de financement, les intermédiaires éventuels, les services effectivement rendus et les procédures qui ont été suivies.
Cette enquête devra établir, avant toute chose, si des ressources publiques ont été utilisées, directement ou indirectement, pour financer une promotion politique, pour façonner une image flatteuse du Premier ministre ou d’autres piliers du pouvoir en place, ou pour financer des campagnes médiatiques destinées à défendre leur bilan et à s’en prendre à leurs adversaires politiques.
Encenser le pouvoir et lui tresser des louanges n’est pas du journalisme. Faire la promotion de la personne du Premier ministre, ou de tout autre membre du pouvoir, n’est pas informer l’opinion publique. Et s’acharner sur les opposants pour ternir leur image ne saurait tenir lieu de débat politique fondé sur des arguments et le débat d’idées contradictoire.
Les deniers publics appartiennent aux citoyens et n’ont pas vocation à acheter des louanges pour le gouvernement, ni à financer des campagnes dirigées contre ses adversaires. Et la liberté de la presse ne saurait être réelle si ceux qui sont censés surveiller le pouvoir en dépendent financièrement.
Il appartient au chef de l’Etat d’intervenir pour mettre fin à ce climat médiatique délétère et de veiller à ce que les institutions de l’État retrouvent un fonctionnement normal, loin des réseaux de flagorneurs, de propagandistes et de pourfendeurs de l’opposition. Les États ne se gouvernent pas par la propagande, ni ne se bâtissent par la flatterie. Ils se jugent à l’aune des réalisations concrètes qu’ils accomplissent sur le terrain.
Biram Ould Dah Ould Abeid
8 octobre 2026
lecalame.info

Le Président et Député Biram Ould Dah Ould Abeid : Qu’en est-il de la glorification du gouvernement et de la diabolisation de l’opposition ?